Blog
Perfumaria Natural e Sintética :
Química, Escolha e Visão de Mundo
Por Angélica Flores
O que define um perfume natural ?
Na perfumaria contemporânea, há uma escolha que vai além da técnica. Optar por ingredientes naturais ou sintéticos é definir o tom estético, artístico e sensorial de uma criação. É uma decisão que revela uma visão de mundo — sobre tempo, matéria, beleza e verdade.
Como perfumista natural, crio em colaboração com a biodiversidade. Compartilho aqui os fundamentos técnicos e sensíveis que sustentam essa escolha — não como oposição, mas como posicionamento. Cette palette reflète ma vision de la parfumerie.
Je partage ici les fondements techniques et sensibles de ce choix, non comme une opposition, mais comme un positionnement.
Deux normes nous servent de repères. L’ISO 9235 définit les matières premières aromatiques naturelles utilisées en parfumerie. L’ISO 16128 distingue les ingrédients naturels et d’origine naturelle et permet d’en calculer la proportion dans une formule.
Naturels : matières obtenues directement à partir de sources naturelles, selon des procédés reconnus comme la distillation, l’expression ou l’extraction.
D’origine naturelle : ingrédients issus de matières premières naturelles qui ont été transformées, tout en restant classés comme d’origine naturelle selon les critères du référentiel utilisé.
Synthétiques : substances obtenues par synthèse chimique et qui ne sont pas classées comme naturelles ou d’origine naturelle. Elles peuvent être issues de matières premières pétrochimiques, mais pas exclusivement.
Ces distinctions permettent ensuite d’évaluer la part de naturalité d’une formulation. En France, pour qu’un produit cosmétique puisse être présenté dans sa globalité comme « naturel » ou « d’origine naturelle », cette part doit être d’au moins 95 %.
Mais cette appellation n’est qu’un point de départ. Pour moi, la parfumerie naturelle est aussi un engagement en faveur de la traçabilité de l’origine, du respect des cycles de la terre et de l’éthique dans les relations humaines.
Un extrait végétal : une complexité qui inspire
À la différence d’une molécule isolée, statique, un extrait botanique est une composition vivante.
Prenons l’exemple de l’huile essentielle d’Ylang-Ylang (Cananga odorata) : elle rassemble des molécules telles que le linalol, l’acétate de benzyle, le géraniol, le farnésène, l’eugénol, le β-caryophyllène, entre autres.
Cette diversité moléculaire lui confère une richesse olfactive qui va du floral exubérant au fruité lumineux, du crémeux tropical aux notes épicées profondes. C’est une véritable symphonie naturelle qu’aucune molécule synthétique isolée ne peut reproduire avec la même profondeur.
Au-delà de sa complexité chimique, la matière végétale porte en elle une histoire, une mémoire, un territoire. Son parfum est aussi le témoignage d’un lieu, d’une saison et du soin apporté par l’être humain.
Le rôle des synthétiques : avancées et limites
La synthèse chimique a permis des avancées importantes : elle a rendu possible la création de fragrances à partir de fleurs qui ne produisent pas d’huile essentielle, remplacé certains ingrédients d’origine animale et garanti une plus grande régularité d’approvisionnement.
Cependant, la majorité des molécules synthétiques conventionnelles sont encore issues du pétrole, et beaucoup présentent une faible biodégradabilité, avec un risque d’accumulation dans les écosystèmes. Des avancées prometteuses existent — notamment grâce à la biotechnologie et à la fermentation — mais elles représentent encore une faible part du marché.
Il n’existe pas d’opposition systématique entre naturel et synthétique. Les deux peuvent être durables lorsqu’ils sont utilisés de manière responsable. Mon choix du naturel s’enracine dans ce qu’il offre de plus précieux : une richesse olfactive incomparable, changeante et vivante.
La durabilité est une vision du cycle
Un ingrédient naturel peut avoir un impact environnemental ou social important s’il est produit avec une forte consommation de ressources, une pression sur les écosystèmes ou de mauvaises conditions de travail. À l’inverse, un ingrédient synthétique produit de manière responsable peut, dans certains cas, présenter un impact moindre.
C’est pourquoi je m’appuie sur les principes de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV). Cette méthodologie permet d’évaluer les impacts environnementaux tout au long du parcours d’un ingrédient, de sa production à sa fin de vie, en passant par l’extraction, l’énergie utilisée et le transport.
La durabilité ne dépend donc pas seulement de l’origine d’une matière première, mais de l’ensemble de son parcours. Elle invite à regarder chaque choix de formulation dans un contexte plus large, avec davantage de nuance.
Innovations en parfumerie naturelle
La parfumerie botanique évolue elle aussi grâce à des technologies discrètes et respectueuses. Aujourd’hui, nous disposons notamment de :
Extraction au CO₂ supercritique : elle permet de préserver les molécules les plus volatiles et délicates, avec un impact environnemental très faible.
Isolats naturels : des molécules comme le citral, le nérol ou l’eugénol, extraites directement des plantes avec un haut degré de pureté.
Upcycling olfactif : la valorisation créative de sous-produits naturels, tels que les résidus de distillation, les fleurs pressées ou les écorces et pelures destinées à être jetées, afin de créer de nouveaux extraits.
Plutôt que de les considérer comme des déchets, la parfumerie naturelle les reconnaît comme des matières porteuses de potentiels olfactifs encore inexplorés. Ces avancées enrichissent le vocabulaire du parfumeur botanique, sans rompre avec son essence.
Mon choix : apprendre des plantes
Je ne suis pas ici pour juger les chemins des autres. Je suis ici pour partager le mien. J’ai choisi la parfumerie naturelle parce que je crois que la nature est, en elle-même, la plus grande compositrice olfactive. Et grâce aux biotechnologies disponibles, nous pouvons co-créer avec elle.
Travailler avec la nature, c’est pour moi me réinscrire dans ses cycles. C’est apprendre des plantes. C’est reconnaître que moi aussi, je suis faite de temps, de variations et de présence. C’est comprendre que chaque note que j’extrais porte une mémoire.
Et oui, il est possible de créer ainsi avec responsabilité, équilibre et beauté.
Angélica Flores
Septembre/2026
📚 Références et lectures recommandées
Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir les aspects techniques abordés dans cet article, voici les principales sources sur lesquelles il s’appuie :
ISO 16128-1:2016 & ISO 16128-2:2017 : lignes directrices relatives aux définitions techniques et aux critères applicables aux ingrédients cosmétiques naturels et biologiques.
(Les liens renvoient vers la page officielle des normes sur le site de l’ISO.)
Capello, C. et al. (2007) : « What is a green solvent? A comprehensive framework for the environmental assessment of solvents ».
(Lien vers l’article scientifique publié par la Royal Society of Chemistry, présentant un cadre d’évaluation environnementale des solvants.)
UNEP – Chemicals and Pollution Action : rapports et lignes directrices sur l’impact des substances chimiques et les chaînes d’approvisionnement durables.
(Page officielle du Programme des Nations unies pour l’environnement consacrée aux substances chimiques.)
Kao Chemicals – Sustainability : données sur les avancées en matière d’ingrédients et de chimie verte dans l’industrie.
(Page consacrée au développement durable de Kao, acteur majeur de la recherche sur les ingrédients.)
Tisserand Institute : publications pédagogiques sur la sécurité, la recherche autour des huiles essentielles et les nouvelles techniques.
(Site officiel de l’institut, référence internationale en matière d’éducation et de sécurité.)
Innovations du secteur : dsm-firmenich Sustainability et IFF Research.
(Pages consacrées à l’innovation et au développement durable de grandes maisons de parfumerie, notamment autour de l’upcycling et des biotechnologies.)